Le DSI, Directeur du Système d'Information, a en charge en résumé, l'ensemble matériel et logiciel. Technicien, manager, il doit être en renouveau perpétuel tant pour connaître l'ensemble des nouveautés techniques que pour les utiliser à des fins stratégiques pour son entreprise. C'est lui qui, en première ligne, a du, doit où devra faire basculer sa boite dans la virtualisation. Le CIO, Chief Information Officer, est parfois, souvent le DSI. Mais CIO, ça sonne mieux dans l'organigramme nouvelle version où tout le monde est "Officer"...L'anglicisation n'a pas modifié que l'acronyme. Quelques compétences se sont accrochées au titre, où le i aurait pu dire Innovation. Mais il signifie Information et traite donc des données, de leurs sécurisations. Les CIO donc sont les premiers humains visibles de l'ère numérique en entreprise, première génération de managers issus du baby boom des balbutiements d'internet. Contrairement à leurs aînés qui ont créés, eux ils sont tombés dans la marmite à la naissance. Eux, ils sont à la fois techniciens de naissance et users. Ils ont déjà passé le cap de l'accélération du temps. Dans l'étude de mai 2015 de la Harvard Business review, le portrait robot du CIO idéal a été dressé.Nous verrons cela plus loin... Le CDO, Chief Digital Officer, annonce la couleur dans son titre "Digital". Son rôle est d'accélérer la transformation digitale de l'entreprise. Il va, de fait, bousculer le CIO qui doit continuer de faire tourner la boutique alors que le CDO va forcément appuyer sur des gâchettes sensibles, tant en termes techniques qu'en termes humain.Toute la différence entre l'IT et le Digital qui vont devoir, bon gré mal gré, s'entendre. Mais le CDO est-il la pour longtemps ? Car une fois la transformation digitale assurée, son rôle devrait s'arrêter. Mais qui peut dire quand s'arrête une transformation ? La bonne santé d'une entreprise n'est-elle justement quand l'innovation, le changement reste en mouvement ? Le choix du profil du CDO s'avère donc extrêmement important, puisqu'il devra être au cœur de l'entreprise et s'entendre avec ses collègues CIO ou DSI. Gartner, en 2014, avait prévu une explosion du nombre de CDO. Cela ne s'est avéré que modérément vrai, preuve supplémentaire du retard de la France dans le domaine de son virage numérique.

Il existe aussi un autre CDO, le Chief Data Officer, le Gardien des clés et du temple, le cerbère des data. Selon le cabinet Forester, "45% des entreprises et des gouvernements dans le monde ont d'ores et déjà recruté un Chief Data Officer, 16% prévoyant de le faire dans les douze prochains mois. (publié dans Cio-online.com)". Son rôle est plus nébuleux, moins fixé, mais quant il existe dans une entreprise, il a une place de choix, car il est LE garant de la sécurité des données de l'entreprise et surtout du CLIENT ! Ce CDO là est de loin en train de prendre le haut du pavé. Les données sont aujourd'hui le socle des entreprises. Tout passe en données, aussi bien ce qui concerne les employés en interne ou en externe, les clients, ..; TOUT est donnée. C'est une importance vitale et stratégique pour l'entreprise. Et c'est le Chief Data Officer qui le pilote. Qui a accès aux données a accès potentiellement au cœur de la société d'une part et à son compte en banque d'autre part. CIO et CDO et CDO (et oui, il y en a deux désormais) doivent impérativement travailler de concert, qui sur les plateformes, qui sur les innovations, qui sur les données, le tout en ayant bien sur la transversalité Métiers. Ils ne sont pas identiques, ils sont complémentaires. Mais comme pour chaque nouvelle étape, il faut un temps d'adaptation pour que chacun trouve sa place et surtout la fasse comprendre aux collaborateurs qui vont devoir mettre en oeuvre, au quotidien, dans les équipes, la nouvelle stratégie. Chacun aura un rythme différent, selon son usage : le CIO a une vision à la fois à long terme et au quotidien, gérant l'infrastructure, le Chief Digital a une vision à moyen et long terme pour préparer les modification tandis que le Chief data, le Datascientist, vit dans l'urgence : les données sont périssables, fragiles et les Métiers en ont un impérieux besoin.

Finalement, si personne ne mangeait personne et que cela fasse entrer (il est temps) nos entreprises dans l'ère digitale ?