Twitter a été le lieu des échanges les plus attristés, désespérés, haineux ces dernières semaines suite aux attentats en France. Tout en vrac, mélangé. Une sorte de déversoir mondial de la plainte déchirante de ceux qui pleuraient leurs morts d'un côté, de ceux qui érigeaient en héros les assassins de l'autre. Il suffit d'un message. Un seul. L'effet Papillon. Ce petit rien qui déclenche un cataclysme. En Communication, on appelle cela un Buzz. Sans aller jusqu'à la théorie du Chaos, les nouvelles opportunités de communication jettent une brume sur toutes les informations et leur ôtent une part de leur crédibilité. A chaque information, une désinformation est transmise. Pire, une information fausse est transmise et fait le tour de la planète en une seconde. Certaines de ces informations sont relayées par des humains, dans des buts de propagande, de publicité. Peu importe.Tant que le dialogue, au travers de la machine, reste humain. Mais aujourd'hui des robots sont capables d'inonder de réponses ces réseaux. Après les robots spammers, les robots hackers, voici donc les robots twitter.

Dans une étude de Linkfluence de fin janvier, plus de 13.000 Tweets d'appel à la haine ont servis d'échantillon. Mis en liaison avec les archives de Topsy et Twitter, cet échantillon montre comment certains hashtags retwittés (les fameux Trending Topics que je n'ai aucune envie de citer ici) sont montés en puissance. En moins de 6 minutes, un post a été retwitté plus de 250 fois. Why not ? Si l'on pense que chacun n'attendait que ce tweet là, le guettait. Mais le phénomène devient plus étrange quand on examine aussi l'origine des retwittos : non seulement ils auraient tous appuyés au même moment, mais ils auraient tous quasiment le même pseudo. Au numéro près. Car ces twittos n'ont comme différence que le numéro d'ordre qui suit leur pseudo, numéro d'ordre par ailleurs chronologique.

Alors oui, désormais il est clairement établit que les robots font aussi l'info et l'intox sur les réseaux sociaux. Ce danger est à prendre en compte, tant au niveau de la liberté d'expression, que pour les Etats et les sociétés. En effet, en de mauvaises mains, une communication intox retwittée mondialement concernant une entreprise, aussi solide soit-elle, peut la faire vaciller. Surtout si l'émetteur à les moyens de s'acheter des milliers de followers. Parce qu'avant de savoir si une info est vraie, aujourd'hui on se contente de la retwitter en considérant qu'elle est crédible.