Aujourd'hui, les services sur Internet sont de plus en plus nombreux, faciles. Immédiats, ils ont effacé toute distance entre le client que nous sommes et le prestataire. Mieux même, les services des services nous donnent l'impression d'avoir le choix, de pouvoir comparer. Impression car la plupart de ces services sont payés par les entreprises pour arriver en "tête de gondole". Le principe du marketing se joue à l'identique que le commerce soit réel ou numérique.

On peut fureter à 3h du matin pour un meuble, recevoir notre billet d'avion sur notre smartphone, suivre à la trace nos enfants. Mais certains secteurs voient aujourd'hui leur politique commerciale s'infléchir vers un retour aux bonnes vieilles méthodes.

Si jusqu'à présent on assistait plutôt à la mise en ligne de sites de marques marchandes présentes en boutique, pour développer leur chiffre d'affaire, des exemples se font jour de la mécanique inverse. Ainsi, le géant Spartoo, spécialisé en chaussures, textiles et maroquinerie, originaire de Grenoble, s'est fait une place au soleil sur la toile. Mais il s'avère que si les français sont les deuxièmes acheteurs de chaussures au monde, avec plus de 8 milliards d'euros, ils aiment voir, toucher, essayer. Et la majorité des achats se fait donc en boutique. Les comparaison de prix laissent d'ailleurs les deux système à égalité, puisque les collections de la saison sont au même prix. Les prix deviennent intéressant dès lors qu'ils s'agit des anciennes collections.

Spartoo a la force de frappe logistique (plus de 10.000 paires expédiées par jour), le stock, le nombre de référence que ne peuvent avoir les chausseurs. Alors, comme le français (homme ou femme) est si tatillon sur le confort de ses petits pieds, la société a décidé...d'ouvrir des boutiques ! La première ouvrira à Grenoble en 2015. Spartoo avait effectué un premier test dans le Marais à Paris les 20 et 21 mai dernier en ouvrant une boutique éphémère, Shoes & Spa. A terme, une vingtaine de magasins sont prévus.

Mais Spartoo ne va pas pour autant arrêter son développement numérique. Le lancement de la market place dans une vingtaine de pays d'europe le prouve. Et les chiffres sont en constante progression.

Spartoo allie donc les deux stratégies, pour amplifier sa présence, devenir incontournable et poursuivre son ascendant sur son rival Sarenza.

D'ailleurs Spartoo opère en parrallèle une stratégie marketing innovante, avec des opérations inattendues comme les Speed dating à Marseille, Lyon, Nantes, Bordeaux et Paris ou les célibataires se choisissent à l'aveugle, ne voyant que leurs... chaussures ! La société joue aussi le jeu de la solidarité avec la récupération de paires de chaussures à donner.

Société jeune, dynamique, inventive, Spartoo met en place avec l'aide de son agence de Com très performante, un nouveau mode de commerce qui ne peut laisser passer aucun client au travers de ses filets !

D'autres géants s'engagent dans cette voix, comme Amazone qui ouvre son magasin à New-York.

Et l'on devrait en voir d'autres, puisque notre (Cocorico !) marque tricolore Le Slip Français a fait de même en ouvrant une boutique à Paris. Selon son PDG, le but est d'être crédible, de sortir du virtuel.

C'est aussi la démarche de Miliboo, pure player du meuble, dont les clients souhaitent pouvoir tester les produits avant l'achat.Ou de Pixmania ou LDLC.

Les services s'y mettent aussi, comme DHL qui veut offrir la proximité à ses utilisateurs et a ouvert trois boutiques.

Alors vraies boutiques, vitrines test, diversification du service, crédibilité ? Chacun a ses intérêts. Il n'en demeure pas moins que 2014 a été l'année d'une reprise du terrain commercial in situ en alliance au numérique.

Le Darwinisme numérique est viral. Initié dans le marketing dans les années 2007, il prend place désormais dans tous les secteurs, y compris le journalisme. Ce nouvel éco-système ne laissera vivre que ceux qui auront pris le virage du numérique...mais pas que ! Le maillon humain semble avoir été un temps oublié. Et comme nous sommes encore des humains, que nous détenons la plus grande force de frappe qui soit, celle de notre porte-monnaie, il semble que nous nous soyons fait entendre.

Peut-être aussi faut-il y voir les prémices d'une méfiance des consommateurs sur les abus des sites divers et variés, vendant tout et n'importe quoi mais surtout n'importe quoi.

Parce que le consommateur veut payer moins cher. Mais pas au prix de se faire pigeonner !