L'école de journalisme de Sciences-Po a cependant écrit un article que vous pourrez lire ici : L'article de Armel Balogog de l'école de journalisme de Sciences-Po.Le Figaro.fr a lui aussi réalisé une étude, mais bien plus axée politiquement.

Tout à son honneur. L'école de journalisme enseigne les bon comportements, mais il semble que dans le monde du travail journalistique, ces préceptes soient vite oubliés. Alors Infodetox reprend les 60 propositions et regarde si oui ou non elles ont été tenues....

Actuellement, sur ce qui a été réellement fait, le Président a tenu 44 % des propositions du candidat. Et sur les actions engagées à ce jour, si elles sont menée à terme, ce pourcentage passera à 63,5%. Ce qui, sans parti pris, n'est pas un mauvais score. L'analyse réside aussi dans le fait que certaines réformes sont fondamentalement plus importantes que d'autres, structurellement pour le pays et ses citoyens. Ainsi, sur la baisse du déficit du pays, l'échec est flagrant. Est-il pour autant important ? Oui, au vu de la réglementation européenne et de l'endettement du pays, c'est à dire de chacun 'entre nous. Même constat sur le chômage, qui n'a pas baissé, au contraire. Mais cela ne veut pas pour autant dire que rien n'a été fait.

Des réformes de fond ont été menées et d’autres sont en cours. Le vrai problème est la lisibilité de ces réformes. Elles sont au long cours, ce qui est d’ailleurs une première dans un gouvernement. En effet, depuis plusieurs décennies, le jeu a toujours été de voir à cours terme, c’est-à-dire à l’aulne des prochaines élections. Il semble bien que ce président se sachant « grillé » en profite pour faire les réformes les plus impopulaires pour remettre le pays dans un axe de fonctionnement, sans se soucier d’une élection qu’il sait déjà perdue. Le tout avec un service de communication déplorable et, il faut bien le dire, un charisme quasi inexistant.

Sur le chômage par exemple, des lois ont été votées. Sur des modifications législatives, sur les emplois aidés, sur les séniors. Cela faisait partie des promesses et a été réalisé. Mais les résultats ne sont pas visibles. Du moins pas si l’on ne regarde que les chiffres bruts. Car de fait, avec la crise qui frappe notre pays depuis 3 ans et dont les effets se font sentir aujourd’hui (et non pas il y a trois ans), sans ces modifications, la France serait dans l’état de la Grèce ou de l’Espagne avec 25 % de chômeurs. Alors oui, le chômage n’a pas été éradiqué. Mais ces mesures ont permis de ne pas sombrer dans une situation quasi irreversible.

De fait, pour tout politique, de droite comme de gauche, appréhender le futur est un exercice périlleux. Nos politiques ne sont pas comme le souhaiteraient les français : des médiums. Prédire les mouvements économiques mondiaux , les fluctuations de la mondialisation, l’échec d’un pays qui rejailli sur le nôtre, tout cela semble irréaliste et pourtant, il leur faut bien tenter d’en tenir compte.

Alors le seul constat à faire est qu’émettre un programme de campagne, faire des propositions ne peut être qu’un rail, un guide et non pas une liste à prendre à la lettre car tout change. Le problème est qu’on leur demande d’être ces surhommes, ayant des supers pouvoirs que ni la finance ni l’économie ne leur laissent. Tout n’est pas prévisible. Un peu comme une femme qui souhaite avoir un enfant et se retrouve avec des triplés. La politique est ainsi. Elle peut enfanter de jumeaux, triplés voire même, avec toute sa bonne volonté, se retrouver stérile.

Alors, en ce mi-mandat, force est de constater que si nos vies sont de plus en plus difficiles le bilan législatif a sauvé d’une situation qui aurait pu voire nos retraites baisser de 25%, nos investissements figés pour 5 ans, notre système de santé basculer totalement. Et qu’il n’en est rien.

Et dans ce monde de pessimisme, on se dit que la France reste un bien joli pays, qu’il est des pays européens qu’on nous cite en exemple comme l’Allemagne, celui qui protège le plus les siens. Qu’il est de ceux que ses habitants quittent le moins, y compris chez les jeunes. Et qu’il est aussi sans doute celui qui fonctionne le plus dans le corporatisme, dans la peur du changement.