ComLeBOOK & Technologies

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 22 mars 2018

La tendance schizophrénique du citoyen

Etrange cas que celui du citoyen. Vous. Moi. Chaque jour, nous cherchons comment obtenir plus avec moins. Plus de congés et moins de travail. Plus de salaire et moins d'heure. Plus de produits en payant moins. Plus de service en ne payant rien. Cette liste peut sembler normale, voire totalement légitime. Mais elle a une tendance à révéler une double personnalité. En effet, le même citoyen souhaite payer moins cher son caddie de courses. Or, il sait bien pourtant que pour acheter moins cher, il faudra tout au long de la chaine, payer moins cher. Payer moins le producteur; payer moins le transporteur; payer moins de personnel; payer moins le personnel. Donc lui-même. De même, avec l'avènement d'Internet, le citoyen s'est épris de films, musique, vidéo, services, produits qui lui arrive quasi instantanément. Et souvent gratuitement. Quand, à force d'user et abuser de ce système, plus aucun producteur ne souhaitera financer un film, le même citoyen qui pirate s'étonnera de ne plus disposer de nouveautés à regarder. Quand à force d'user et d'abuser des e-commerce, si pratiques, si moins chers, il aura d'une part un compte bancaire dans le rouge, car cet hypermarché mondial est dévoreur d'argent, mais qu'aussi ses enfants, ses voisins, lui-même, se retrouveront au chômage car, comme tous les autres, lui, le client, il aura acheté moins cher mais... en Chine en sacrifiant tout un pan de l'économie de sa propre région mondiale. Il s'étonnera, le Citoyen, que plus aucun membre de sa famille ne trouve d'emploi. Quand il ira manifester, légitimement, pour s'insurger contre la fermeture et le reclassement de son usine de textile, après avoir râlé contre l'obsolescence programmée, tout en sachant que les potentiels clients n'ont pas plus que lui l'intention d'acheter deux, trois ou quatre aspirateurs juste pour faire tourner son usine, il faudra tout de même qu'il torde son cerveau pour ne pas se mettre tout seul des claques. Quand il affutera ses slogans, pour défendre des acquis sociaux obtenus de haute lutte, par nos aïeux ouvriers, nos gueules noires, qui s'enfumaient les poumons dans le charbon et le tumulte de leurs locomotives, il oubliera que son fauteuil de conducteur de TGV est plus confortable que celui-là même qu'il vient d'acheter pour son salon et qu'il pourra y poser ses fesses retraitées à 52 ans. De même, il houspillera ses jeunes qui ne se battent pour rien et ne veulent que de la Marque, en déposant religieusement au pied du sapin le dernier iPhone pour sa fille et les dernières Nike pour son fils. Et puis il partira en vacances, le citoyen. En low cost. A Punta Cana ou à Djerba, en club. Heureux. Les doigts de pieds en éventail, il sirotera son cocktail, se baffrant au maximum au buffet sans même jeter un regard à l'employé, là, qui voit disparaitre dans le prix de ce mojito l'équivalent du prix de son salaire. Et en rentrant, montrant les photos de famille sur la plage, montrant la bonne mine au grand air pur, videra la valise des Lacoste, Hermès et autres achetés au souk, il essuiera une larme en se disant qu'il n'a pas de chance, vraiment pas de chance, avec ce travail à la con, si mal payé, qu'il risque de perdre pace que l'usine de textile va fermer et que la vie va être dure son smartphone, l'écran plat géant. Alors il ira dans son diesel à l'hyper lowcost en dehors de la ville acheter des fraises néozélandaises de Noël pour noyer écologiquement son chagrin.

dimanche 9 novembre 2014

Analyse du mi-mandat de François Hollande

Les médias ont tous tenté d'analyser la mi-mandat du Président de la République. En dehors de toute considération politique ou de prise de parti, un constat est facile à effectuer : aucun média n'a "fait" le compte-rendu des actions menées. Etrange non ? Que ce soit en bien ou en mal, les seuls propos et analyses ont été sur la personne, sur la critique de la situation de notre pays. Mais sur un véritable point sur ce qui a été tenu ou non des promesses du candidat, rien...

Lire la suite...

vendredi 16 novembre 2012

Le livre d'Erik Neveu : Les mots de la communication politique

erikNeveu LivreLes batailles de mots pèsent en politique. Mots des candidats qui incarnent « la force tranquille », affirment que « Tout devient possible », même « Changer la vie ». Mais ces mots sont aussi ceux des experts qui vont organiser un focus group pour tester un slogan, mijoter un pseudo-événement qui attire les journalistes. Les chercheurs qui analysent cette communication ont aussi leur lexique-boîte à outils avec ses agendas, ses études de réception qui invalident le modèle de la piqûre hypodermique. Les mots de la communication politique viennent aussi du langage commun sous la forme de campagnes, de tracts, de la préférence pour le parler vrai contre la langue de bois. Ces Mots de la communication politique ne se contentent pas de recenser. Ils balisent des sentiers de randonnée intellectuelle vers quelques vues panoramiques : ancienneté du lien politique-communication, poids de la croyance, complexité des systèmes d’interdépendance entre acteurs d’où émerge la communication moderne.

Érik Neveu est professeur de science politique à l’Institut d’études politiques de Rennes. Il travaille depuis vingt-cinq ans sur le journalisme et la profession politique. Ses recherches portent aussi sur les mouvements sociaux, les gender studies.

N° ISBN : 978-2-8107-0123-0 PRIX : 10.00 € Format et nombre de pages : 10,5 x 21 cm - 128 p. PUM (Presses Universitaires du Mirail)

La Communication Hollande

Première question: la communication gouvernementale existe-t-elle ?

A entendre les divers "couacs" entre Ministres, on est forcément tenté de se poser la question... Cependant, n'ayons pas la mémoire courte: lors du quinquennat de N. Sarkozy, la première année a aussi donnée lieu à de magistrales infos-désinfos. Aujourd'hui, à l'heure de la communication jetable et de la mémoire courte justement, le citoyen attend autre chose. Bizarrement peut-être, au vu de toutes les sources d'information, il veut une Communication unique ! Ne pas entendre de distorsion. ne pas connaître les autres points de vue. Il faut dire, s'y tenir, et ne pas démentir ! La conférence de presse du Président de la République a donné un premier indice des défauts des 6 premiers mois. Il lui a fallu remettre en place, avec douceur et sans avoir l'air d'y toucher, quelques-uns de ces ministres. Alors la question légitime peut se poser de savoir si des communicants compétents sont aux manœuvres ? Car, si à titre personnel, je trouve rafraîchissant ces écarts de langages, ces pensées variées, ces pistes de réflexion lancées, il semble qu'elles ne satisfassent pas la majorité. Car un Ministre qui s'exprime, c'est l'Etat. La France. Et la France ne peut avoir plusieurs langages. Elle doit se montrer monolithique. Alors honneur au premier des Français qui a du reprendre la main... avec tact, pédagogie et circonvolutions communicantes ! Les mots ont été pesés, choisis. Ainsi le "Pacte" de compétitivité qui était présent dans le programme était devenu dans la presse le "choc". A aucun moment l'équipe de l'Elysée n'a songé a intervenir pour rectifier le tir. C'est le Président qui a donc du le faire (et rappeler la terminologie de son programme) lors de sa conférence de presse. Etrange méthode que de laisser le Premier des français se disculper sur la place publique... Le porte-parole de l'Elysée serait bien avisé de revoir la structure même de l'équipe. Car aujourd'hui, si François Hollande est président, il ne peut se targuer d'avoir l'assentiment des Français. Et pourtant, si l'on reprend l'ensemble des promesses de son programme et ce qui a été réalisé en 6 mois, beaucoup ont été lancées. Seule hic... personne n'en a parlé. Ainsi, la communication élyséenne donne une image d'immobilisme. C'est le citoyen qui doit éventuellement aller à la pêche de l'information. Et il n'a guère le temps de la faire. De même, les services des Ministères ne semblent pas travailler en synergie et édicter les "bons messages". Ce qui nous donne ce symphonie parfois cacophoniques qui doivent ensuite être reprises. Mais alors il est déjà trop tard. Le flanc a été laissé à découvert pour l'opposition qui s'y engouffre avec délice. Et alors, les Ministres perdent du temps a expliquer ce qui n'aurait pas du être dit mais l'a été quand même. Au lieu de simplement venir expliquer les nouvelles mesures, les mettre en lumière, et indiquer très exactement ou en est le dossier. Défaut de débutant ? Peut-être. Pourtant, ces femmes et hommes-là sont des habitués de la politique. Certains plus que d'autres. Et il faut bien reconnaître que l'expérience paye. La communication du Ministère des Affaires Etrangères n'a donné lieu a aucun bug. Pas de couac. A sa tête, un ancien Premier Ministre, politique chevronné. Habitué des médias.